DELBONO Pippo

// Bios des réalisateurs

Metteur en scène, acteur et auteur de théâtre contemporain, Pippo Delbono est né en 1959 à Varazze, Italie.

C’est à l’école de théâtre de Savone que Delbono cultive sa passion pour la scène et rencontre l’acteur argentin Pepe Robeldo. Une rencontre fondatrice qui se poursuivra par une longue collaboration de plus de vingt ans. Après 3 ans passés au Danemark avec l’Odin Teater, Delbono revient en Italie où il fonde sa propre compagnie de théâtre.
Leur première création, Il Tempo degli assassini (Le temps des assassins) connaît un grand succès qui les mène en tournée et particulièrement en Allemagne où ils rencontrent Pina Bausch.
Au cœur de l’œuvre de Pippo Delbono se trouvent la gestuelle et le corps de l’acteur. De ses rencontres et nombreux voyages à travers le monde (Asie, Orient, Amérique latine...), il retient une méthode de travail fondée sur les règles de la musique ou de l’entraînement des samouraïs : la scansion rythmique et l’énergie, l’enchaînement des lignes mélodiques et la discipline des corps.

Provocateur, Delbono va là où personne n’est jamais allé. En 1997, il donne le spectacle Barboni (Clochards) qui mêle un choix d’acteurs pour le moins éclectique : des chanteurs de rock, des artistes des rues et surtout des patients d’un asile psychiatrique... Delbono ne se définit pas pour autant comme un « opérateur social ». Il a retrouvé chez ces hommes cette précision du geste et cette présence d’un corps sur scène essentielle à son travail : « Ces personnes ont une présence, une intensité, une force et une fragilité. Ils montrent qui ils sont, laissent deviner leur histoire, exposent leurs corps. Ils s’offrent avec leur expérience et leur vie. Nous sommes, alors, dans l’essence même du théâtre, éloigné de la psychologie. »
« Les personnes avec lesquelles je travaille m’ont ouvert les yeux sur le monde ». Pour le metteur en scène, la présence d’une diversité scénique est un « instrument fondamental d’ouverture culturelle ». Reconnu internationalement, il crée, en 2004, Urlo, sur une commande du Festival d’Avignon.

Outre les planches, Delbono trouve dans le 7ème art un nouveau moyen d’expression. Il a reçu en 2004 un prix David di Donatello pour le meilleur long métrage (distinction décernée par l’Académie du cinéma italien, l’équivalent des Oscars) avec Guerra, un documentaire réalisé durant la tournée de sa troupe (pour la pièce du même nom) en Israël et Palestine entre décembre 2002 et janvier 2003. Le film est sélectionné à la 60e Mostra de Venise dans la section Nouveaux Territoires, au Festival de Cinéma du Caire, octobre 2003 (soirée d’ouverture) et au Festival de documentaire d’Amsterdam (novembre 2003).

En 2008, le théâtre du Rond-point lance une dynamique de tournage avec téléphone mobile en collaboration avec le Forum des images. Pippo Delbono participe à cette initiative en réalisant un court-métrage, Carnet de notes, présenté au cours de la 4ème édition du festival Pocket Films. Composé d’impressions poétiques, politiques et sociales sur l’Italie contemporaine, le film et sa technique de tournage agissent pour Delbono comme un déclencheur d’inspirations, qui l’amène à envisager la réalisation d’un long-métrage avec téléphone mobile.

Dans le cadre des rencontres professionnelles de l’édition 2010 du festival Pocket Films, nous présenterons son long métrage, La Paura (La Peur), premier film tourné en portable et diffusé en 35mm.