Note d’intention du « Cahier Froid »

// Paroles de réalisateurs


Le cahier froid
Jean-Claude Taki


"Différents signaux me laissent penser que les sociétés modernes ont basculé dans la fiction. Elles sont en quelque sorte passées de l’autre côté du miroir. À propos d’évènements qui se passent dans le monde, on entend souvent “la réalité a rattrapé la fiction”. Cette expression n’a plus lieu d’être, car la réalité est devenue fiction. Le réel est scénarisé. L’individu ne construit plus sa vie à partir de l’expérience d’un vécu en mouvement, mais il adopte très tôt un rôle, un personnage qui s’inscrit sans difficulté dans les scenarii que propose la société. Partant de ces imaginaires fictionnels, il va créer de l’intimité. Mais cette intimité n’est autre qu’un élément constitutif et attendu du personnage fictionnel qu’il aura adopté auparavant...

Le téléphone portable, par sa proximité et son omniprésence, me permet de faire le mouvement inverse. Je recueille les images de mon intimité - c’est-à-dire, je filme ce que je vois, ce qui m’entoure - et partant de là, j’imagine des histoires de vies réelles.

Cette remontée du courant réveille en moi - ainsi que chez le spectateur - l’intime le plus profond, peut-être une porte de sortie vers le réel."


Voir le film L’homme qui aimait les fleurs
Voir le film Le Cahier froid
Voir le film La Martienne