Son papillon s’est envolé

// Initiatives

Dans le cadre de leur nouvelle participation au Festival Pocket Films, l’équipe de Lili range le chat initie un échange cinématographique entre l’Europe et l’Ouzbékistan. Il s’agit de créer un jeu de croisements d’images à partir d’expressions idiomatiques russes, ouzbeks, françaises, kabile, ou espagnoles. A intervalles réguliers, les artistes participants doivent avec, comme phrase d’accroche un proverbe, une expression, réaliser un film court, et le poster sur le blog spécialement crée pour l’occasion. Ce blog est ainsi un lieu de rendez-vous virtuel, il permet une correspondance filmique. Il devient par prolongement un outil de montage, puisque l’accumulation des images crée un film hybride à auteurs multiples.

Son papillon s’est envolé, titre du projet, suggère beaucoup mais laisse planer le doute. C’est en cela que réside l’enjeu de cet échange, proposer une maxime qui pour la moitié des artistes ne sera pas pleinement comprise ou définissable. Ils tenteront de commenter librement leurs interrogations par le biais d’une réponse cinématographique intuitive. Il est certain que la richesse du vocabulaire filmique viendra de leurs divergences de vues, et de leurs comparaisons. Son papillon s’est envolé est en réalité une expression russe qui signifie être dérangé (surpris) dans sa tranquillité. Il n’a pas été possible d’en trouver une équivalence parfaite en français, cela décrit en quelque sorte une personne interrompue dans sa rêverie par un tiers arrivant comme un cheveu sur la soupe. Comme un cheveu sur la soupe, une expression qui probablement elle aussi laisserait dans l’embarras les interlocuteurs ouzbeks.

Les artistes utilisent des téléphones portables pour les prises de vues. Le choix de ce type de caméra n’est pas fortuit, elle reste toujours dans la poche puisqu’elle est l’accessoire d’un outil de communication quotidien. Cette caméra accompagne le preneur d’images avant même que celui-ci n’ait nécessairement l’intention de filmer. Les auteurs de ce projet tournent leurs films au moment qui leur semblent le plus juste et le plus opportun. Le processus de restitution étant suffisamment formalisé, celui de la prise de vue doit rester spontané et libre. Au final, les filmeurs deviennent des lépidoptéristes, ils capturent des films papillons qu’ils épinglent par la suite pour créer une collection haute en couleurs.

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